L’électro jazz norvégien de Nils Peter Molvaer

Album (musique) Switch par nils petter molvaer - from Site Fip

Nils Peter Molvaer est un de ces artistes encore (anormalement) trop peu connu de la scène « grand public jazz » et qui à mon sens mérite vraiment d’être découvert pour peu que vous aimiez l’étrange musique savante aux accents acidulés et aux longues instrumentalisations frisant le paranormal. Certes, le monsieur fait figure de référence dans le milieu Jazzy mais, sa popularité ne semble pas s’entendre outre ces limbes floues malgré plusieurs opus de très bonne qualité de cette si particulière touche que nous nommerons  électro jazz scandinave.

L’alchimie entre jazz et musique électro

En effet, si la musique de Nils Peter Molvaer était une image ou un concept, je choisirais peut-être une ombre vagabonde, sorte d’esprit flottant qui, sous une cape obscure, se dérobe derrière une fausse simplicité. C’est lors des longs barrissements du maitre scandinave que cette musique prends son ampleur, lancée comme une voiture de course, les notes carburent et l’homme devient autre. L’hommage au grand Miles Davis auquel il doit beaucoup est bien là, dans l’air avec le public.  Nils Peter Molvaer nous propulse au fil des gammes, tel un alchimiste fou, un mage sacré dans un dédale de sonorités toutes plus apocalyptiques que les précédentes. C’est au fil de ses albums qu’il aime réunir cette potion qui oscille entre musique Jazz et les ambiances électroniques. (en terme de mélange électronique détonnant, il y a aussi l‘excellent Rodolphe Burger à découvrir)

C’est certain, le trompettiste norvégien (originaire de la région de Sula pour les aficionados du pays d’Olaf) aime jouer des contrastes, il l’indique dans ses interviews, sa musique nait d’une improvisation à la manière d’un peintre, son travail n’est pas écrit, il commence doucement puis, doucement se languit, se recroqueville, s’étire et d’un seul coup se réveille, se lève pour partir d’un seul coup dans une transe chamanique improvisée.

Pour découvrir son travail : je vous recommande l’album Khmer sorti en 1998 qui reste pour ma part un des plus importants car  posant une première stèle vraiment électronique de son travail de soul searcher. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et d’autres belles galettes ont vu le jour à l’instar du dernier opus (déjà sélection fip juin 2014) qui résonne au doux nom de « SWITCH ».  Sans vous en faire des tartines, Nils Peter Molvaer est un artiste à découvrir rapidement. Une musique électro qui fait mouche.

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