Ma critique du film Nebraska – Le théâtre de l’Amérique profonde

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Nebraska est avant tout une histoire de famille. Dans un petit bled perdu du Montana, un vieillard n’a plus toute sa tête et vivote comme il peut au dépend de sa femme et de ses deux fils. Il rêve d’une camionnette et d’un nouveau compresseur à air. C’est alors qu’il reçoit cette publicité pour la loterie nationale, celle qui imite un billet de loterie nationale gagnant.

Il n’a dès lors plus qu’une obsession, se rendre à Lincoln et aller chercher son gain. Sur la route, il passe par le Nebraska, ce territoire dans lequel il aura vécu ses plus belles années de jeunesse. L’occasion de recroiser d’anciens voisins, d’amis, sa famille aussi.

Un road movie américain

Dans la grande lignée des road movie américains, Nebraska tire son épingle du jeu par une photographie tout en noir et blanc. Le choix est très réussi car Nebraska est un film contemplatif, la narration est lente et les scènes s’enchaînent comme dans un vaudeville. Au noir et blanc s’ajoutent des silences qui permettent au spectateur de respirer, découpant l’histoire en chapitre. Dans cette contemplation de l’Amérique profonde le Nebraska semble presque vide, hors du temps.

Le théâtre de l’Amérique profonde

La réalisation n’est donc pas sans rappeler un « coffee et cigarettes », ou « j’ai toujours rêvé d’être un gangster », peu d’action, une narration découpée en tranche, un visuel très réussi et des acteurs très très bons. Par dessus, le registre choisi (imposé?)  du « white trash » qui dépeint les laissés pour compte ultime du rêve américain, ces anciens chercheurs d’ors et vachers qui peuplent les village reclus avec leurs familles, leurs pubs et leurs fermes, leurs femmes, coulant leurs derniers paisibles jours près des champs de patate. Mais Nebraska n’entre jamais dans le registre du « pathos ». Pas de sentimentalisme et c’est tant mieux. les personnages sont touchants et tragiques à la fois.

Le film Nebraska – l’histoire d’un fou qui se rêvait millionnaire

Nebraska c’est donc l’histoire d’une famille blanche et pauvre qui a grandit loin d’Hollywood et de ses paillettes. En fin de compte, c’est aussi cela l’Amérique(du nord). Des villages peu peuplés, des paysages immenses sillonnés de longues routes, des fermes, du vide et du silence. L’auteur a donc su nous faire partager ses sensations car il est lui même est originaire du Nebraska.

Nebraska, c’est aussi un film sur la vie, la famille et les amis. L’entourage que l’on dit proche et ses relations qui peuvent se dégrader pour une histoire d’argent. C’est tout ça à la fois, l’histoire de gens qui n’ont rien à se dire et qui pourtant cohabitent ensemble.

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C’est assez épatant comme ce grand pays est capable de produire des films calqués sur ses propres failles et acceptant son autocritique. Ce n’est pas le seul film qu l’on peut trouver dans le genre (white trash). En date et encore au cinéma à l’heure ou j’écris ces lignes, il y a Dallas Buyer Club que je vous recommande chaudement. (mais c’est une autre histoire…)

Autres films à découvrir du réalisateur Alexander Payne :
L’Arriviste
Monsieur Schmidt
Sideways
The Descendants

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