Un projet graphique pour aider les sans domicile fixe.

aider les sans domicile fixe

Quand je reviens à Paris, je suis toujours surpris par le nombre croissant de clochards dans la rue.. Ce constat malheureux, beaucoup de gens l’ont fait avant moi et avec le temps qui passe et les soucis qui s’accumulent, on a tendance à baisser les bras face au drame quotidien vécu par de nombreuses personnes à la rue . J’ai rencontré aujourd’hui, une jeune graphiste qui a décider de mettre la main à la patte pour aider les sans domicile fixe de Paris.

Comment aider les sans domicile fixe à Paris ?

Pour les aider, on peut participer à des maraudes, si cela vous intéresse, je vous invite à vous rapprocher des robins des rues. Ils font un très bon boulot de sensibilisation et agissent en local (sur le terrain). En plus,  ils sont remplis de bonne humeur. Les robins des rues opèrent dans le 18ème arrondissement et ses alentours. Ils ont pour crédo de tisser du lien social et de lutter contre l’exclusion des sans domicile fixe. Quand c’est nécessaire, ils leur filent de quoi manger ou de quoi se vêtir. Mais ils sont surtout dans la rue pour causer avec eux et les soutenir. C’est important et ça réchauffe comme me l’a dit l’un d’entre eux.

 » Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien ». L’abbé Pierre

Sophie, notre amie graphiste, ne fait pas (encore ?) de maraude mais, a fondé un association visant à redonner la parole aux sans domicile fixe. Elle n’aime d’ailleurs  pas trop les appeler comme cela et préfère les nommer par ce qu’ils ne sont pas : les invisibles, une dénomination « coup de poing » qui dénonce évidemment le manque d’intérêt qu’ont les pouvoirs publics et la majorité des gens à ce sujet.

Pourquoi des mômes crèvent de faim,
pendant qu’on étouffe,
devant nos télés comme des crétins,
sous des tonnes de bouffe (Renaud Séchand)

regard sans domicile fixe

Le regard de l’invisible

Donner la parole aux invisibles de Paris

Son projet part de peu mais, voit loin. Sophie sort et discute avec ceux que l’on ne regarde plus, puis elle réalise des affiches graphiques inspirées de ses entretiens, cela pour redonner la parole à ceux qui l’ont perdu. Une manière audacieuse de montrer que des gens crèvent la faim, même dans la plus belle ville du monde.

affiche vues d'en bas

A découvrir sur vuesdenbas.fr/form-commande.php

C’est sa façon à elle d’aider les sans domicile fixe. Après deux ans d’existence, Vues d’en bas prends son envol et suscite l’intérêt des plus grands. L’association s’est même pacsée avec Emmaüs et bénéficie depuis d’un peu plus de notoriété.
Le collectif a créer un site web qui propose désormais de la vente de photo réalisée suite aux ateliers dans la rue. Les fonds sont reversés à l’association pour son développement.

PS : Vues d’en bas recrute régulièrement des artistes (bénévoles) afin de construire quelque chose de positif ensemble.

MCAB : Comment t’es venu l’idée de ce projet ?

S.B : J’ai commencé à travailler sur la notion d’invisibilité en 2007 à l’occasion d’un concours d’art graphique. Le sujet était libre, mais il me tenait à cœur de faire du graphisme engagé.

Au moment de choisir mon sujet pour ce concours, je suis tombée sur des jeunes qui ne pouvaient pas accéder au métro car un « SDF » leur barrait le chemin, assis par terre dans un très mauvais état.

Ils n’ont rien trouvé de mieux que de le bousculer pour passer comme s’il n’existait pas, pendant que j’appelai les pompiers pour lui venir en aide. Le sujet était donc trouver : Lutter contre l’invisibilité et redonner un sens humain au terme SDF.

MCAB : Combien êtes-vous sur ce projet ?

S.B : Au commencement j’étais seule, puis il y a quelques mois, je me suis associée avec Clarisse Gouëllo pour créer l’association et ainsi aller plus loin dans cette lutte contre l’invisibilité, en permettant à divers artistes de pouvoir, eux aussi, changer le regard des passants sur ces personnes en grande précarité.

MCAB : Raconte nous les débuts du projet vuesdenbas ?

S.B : Après ce concours, il y a eu une première exposition graphique à la mairie du 13e arrondissement de Paris.
Suite à cela, Emmaüs Défi m’a offert d’exposer durant 1mois dans leur locaux (Bric à Brac de Riquet), puis, dans leur boutique du 104 (Appartement du CentQuatre), en attendant d’obtenir les accords nécessaires pour exposer dans les rues de Paris, afin d’être visible du plus grand nombre.

Des passants désireux d’acheter les affiches graphiques m’ont poussés à créer cette association. Ainsi, la vente de chaque oeuvre artistique permettra l’organisation de nouveaux évènements luttant contre la déshumanisation, et l’organisation de maraudes.

MCAB : Quel est le futur du projet vues d’ en bas ?(D’autres expos ? Peut-on participer pour les prochaines ?)

S.B : Les bailleurs immobiliers refusant d’être « associés » au terme « SDF », l’exposition n’a pas encore pu prendre vie dans les rues, mais nous continuons à chercher des autorisations. En attendant, elle est à nouveau exposée chez Désidéro (49 rue des vinaigriers), et une exposition photographique vient de prendre fin.
Nous lançons donc très bientôt un appel à projet, et accueillons tous les artistes (Photo, graphisme, danse, théâtre chant…) qui aimeraient réaliser une oeuvre sur ce thème.

 

MCAB : Si j’ai bien compris – ce projet est à la base un atelier que tu a réalisé avec/pour les sans-abris à Paris ? Peux-tu nous raconter comment cela s’est passé ? Quelles ont été les difficultés / les obstacles rencontrés ?

S.B : L’idée était de rendre visible les invisibles, de donner la parole à ceux que l’on n’écoutent plus.
En leur posant cette question « Qu’aimeriez-vous voir depuis votre fenêtre » je voulais provoquer l’envie de connaitre l’autre, et redonner un sens Humain au terme « SDF ».

Ça n’a pas été évident, les réponses sont toujours très poignantes. Il s’agit de 3 à 5h de discutions avec chaque personne rencontrée, les gens se livrent, ils ont besoin de parler et d’être écoutés. Certains m’ont répondus mais n’ont pas souhaité participer au projet, par peur d’être reconnus (même s’il n’y a pas de photos d’eux) par leur histoire. Il a fallut apprendre les « codes » de la rue. On n’arrive pas chez quelqu’un comme ça pour poser une question, c’est la même chose avec des personnes qui vivent dans la rue. J’ai appris énormément et j’en suis ressortie grandi. C’est une expérience humaine inoubliable.

 

MCAB : As-tu une solution concrète à proposer face au problème du logement (à Paris ou ailleurs) ? Que faire à notre niveau d’après toi ?

S.B : n’ai aucunes solutions face au problème du logement, bien que certains organismes détiennent des logements vides dans Paris qui pourraient très largement être proposés… Cela dit, le problème, à mon sens, commence par l’invisibilité et la déshumanisation. Retrouver un logement et un travail ne peut s’appliquer qu’à certaines personnes mais une fois le poids de la rue sur leurs épaules, il est très difficile pour les personnes sans abris de retrouver leur place dans la « société ».
Il faut déjà que cette société commence par réintégrer ces personnes défavorisées, par un regard, un sourire, un bonjour… Une considération.
Si vous vous retrouvez seul, dans la rue, ne serait-ce qu’une journée, et que chaque personne que vous croisez détourne son regard de vous comme si vous n’existiez pas, comment voulez-vous arriver à remonter la pente ?

MCAB : Un dernier mot pour la lutte contre l’invisibilité ?

S.B : N’oubliez pas que nous sommes tous des êtres humains.

voici le site : www.vuesdenbas.fr (en cours)
et le facebook : https://www.facebook.com/pages/Vues-den-bas/138270459619?fref=ts
twitter: #vuesdenbas

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